“Aïe mais quelle horreur ce bruit !”, diriez-vous en portant vos mains à vos oreilles.
Quel bruit ? Ce son aigu et strident du micro que l’on connecte à l’enceinte. Il est dû à l’effet de Larsen, un des problèmes de sonorisation les plus élémentaires.
La cause ? Le feedback, une boucle sonore qui produit un son hurlant en se déplaçant encore et encore de manière amplifiée du micro à l’enceinte jusqu’à devenir insupportable.
En pédagogie, le feedback fonctionne de la même façon. Vous êtes le micro, l’élève l’enceinte, votre feedback le son. Si le réglage est mauvais, tout se dérègle : mal calibré, il devient inaudible ; mal formulé, il parasite la compréhension ; mal synchronisé, il arrive trop tard.
Alors, comment transformer ces remarques en une mélodie didactique qui guide les élèves vers la réussite ?
Le feedback, c’est l’art de donner aux élèves un retour constructif pour les aider à progresser, en leur montrant où ils en sont et comment aller plus loin.
Pour qu’il soit efficace, il doit :
Le feedback est un outil efficace dans l’amélioration des résultats scolaires. Deux chercheurs se sont particulièrement intéressés à ses effets : John Hattie et Stanislas Dehaene.
Dans Visible Learning (2008), Hattie classe 138 facteurs selon leur impact sur l’apprentissage des élèves. Le feedback efficace (donné dans les conditions décrites ci-dessus) figure parmi les facteurs les plus influents et les plus marquants de cette étude.
De son côté, Dehaene, chercheur en neurosciences, dégage des éléments fondamentaux pour l’apprentissage, “les 4 piliers de l’apprentissage” :
L’étape du feedback est fondamentale car elle correspond à la manière dont fonctionne notre cerveau pour apprendre. Il établit constamment des prédictions et le retour sur ces prédictions (qu’elles soient correctes ou erronées) l’amène à s’ajuster, ce qui permet d’ancrer dans sa mémoire de nouveaux apprentissages.
Bref : le feedback est à consommer sans modération !
En classe, il est difficile pour les enseignants de trouver la bonne fréquence pour donner leur feedback :
Ces difficultés sont notamment liées au temps de correction (un feedback détaillé est une charge de travail immense, tout comme multiplier le nombre d’évaluations) et au fait que les notes rassurent les élèves et leurs parents.
Résultat : le feedback efficace reste un idéal difficile à atteindre au quotidien mais pas impossible. Des solutions existent pour multiplier les occasions de feedback efficace :
Dans une précédente newsletter, on vous parlait du fonctionnement fascinant des LLM (large language models), ces IA spécialisées dans la génération de textes.
Parmi les nombreuses applications de cette technologie révolutionnaire, l’aide à la correction de copies deviendra un facteur-clé pour améliorer la qualité et la quantité du feedback des enseignants. Pourquoi ? Parce qu’elle va permettre de :
Qu’elle grésille, se perde dans le bruit ambiant ou arrive avec un temps de retard, la résonance du feedback se règle. Bien accordée, chaque élève progressera à son rythme et l’IA deviendra pour les profs un précieux allié.
Alors, prêts à troquer les notes contre une partition pédagogique efficace ? Comme dirait la géniale Maria de La Mélodie du Bonheur : “Let’s start at the very beginning, a very good place to start”.