A l’origine, les bébés garçons et filles naissaient tous dans des choux (oui avec l’arrivée du printemps on s’est dit qu’une anecdote jardinière était de saison).
En effet, dans la société paysanne, le chou cultivé était symbole de fécondité. Il existait même un rituel de fertilité au cours duquel les familles des jeunes mariés échangeaient les choux qu’ils avaient récoltés.
Naître dans les crucifères est en fait une évolution de ce rite champêtre, pour expliquer aux enfants curieux d’où venaient les bébés sans leur parler de sexualité.
Progressivement, on a confié aux roses la naissance des fillettes et aux choux celle des garçonnets... Ainsi naquit un stéréotype de genre.
A l’école, un autre stéréotype s’est enraciné : les filles seraient meilleures dans les matières littéraires et les garçons dans les matières scientifiques. Qu’en est-il dans les faits ?
Le rapport "Filles et garçons sur le chemin de l’égalité - 2025" commandé par le ministère de l’Éducation nationale, a mis en lumière des disparités persistantes entre filles et garçons.
Inconsciemment, les enseignants perpétuent des stéréotypes de genre en valorisant les garçons pour leurs performances et leur raisonnement.
Les garçons sont valorisés davantage pour leurs performances et leur raisonnement et sont plus encouragés à persévérer dans les disciplines scientifiques et techniques.
De leur côté les filles sont félicitées pour leur sérieux et leur application et reçoivent davantage de retours positifs sur la rigueur de leur écrit.
Ces biais subtils influencent la confiance en soi des élèves, leurs performances scolaires et leurs choix.
A compétences égales et pendant toute leur scolarité, les filles doutent davantage de leurs capacités, en particulier en mathématiques, alors qu’elles réussissent mieux leurs examens (brevet et bac) et qu’elles sont en moyenne plus diplômées de l’enseignement supérieur que les garçons.
Résultat : dès le CP, les filles ont des résultats nettement plus élevés en français. Pour les mathématiques, elles ont des résultats inférieurs aux garçons à partir du CE1 et cela jusqu’au lycée. Cet écart ne reflète pas une différence de capacité, mais un conditionnement culturel qui les éloigne des disciplines scientifiques.
Loin d’être anodins, ces mécanismes influencent plus tard les choix professionnels et sont à l’origine d’une inégalité de revenus :
📽 Ces mécanismes sont bien décrits dans cette vidéo pédagogique, que vous pouvez montrer à vos élèves “Inégalités hommes et femmes sur le marché du travail”.
Il n’est de mauvaise graine qui résiste à un bon jardinier. C’est pourquoi il est possible de combattre ces inégalités en s’attaquant à la racine, en d’autres termes, dès la maternelle.
Quelques actions concrètes :
La lutte contre les inégalités filles-garçons ne se joue pas seulement dans les manuels ou les statistiques, mais bien dans chaque interaction, chaque mot, chaque regard porté sur un élève.
Les stéréotypes sont souvent invisibles, y compris dans les évaluations. Et si l’IA pouvait aider à réduire ces inégalités ? En matière d’évaluation, elle permet déjà de :
Bien sûr, l’IA n’est pas exempte de biais : entraînée sur des données imparfaites, elle peut les reproduire. Mais bien utilisée, elle peut devenir un levier puissant pour rétablir l’équilibre.
L’égalité ne se décrète pas, elle se construit chaque jour, dans chaque classe, avec chaque élève. En révisant les pratiques d’évaluation, en encourageant l’audace et en repensant la pédagogie, le terreau sera plus fertile.
Après tout, les stéréotypes ne sont que des mauvaises herbes et il ne tient qu’à nous de distinguer le bon grain de l’ivraie.